MARLON

création 2008

Entre performance et « one-woman-show », Marlon est un surprenant mo- nologue pour plateau de danse…
À partir de la figure prétexte de Marlon Brando (en tant qu’objet « ultime » de désir), Aude Lachaise explore avec une irrésistible distance ironique les questions du sexe, des sexualités, de la femme, du patriarcat, du désir, de la séduction… et a fortiori aussi du rapport performeurs-publics…

Le texte est publié aux éditions Lansman et disponible ici aussi ;).

« Pour ce premier projet, j’ai privilégié une forme performative proche du «one-woman-show», plutôt qu’une forme chorégraphique et dansée. En effet, bien que danseuse de formation et de profession, je suis dans une dynamique de conquête de nouveaux territoires, notamment celui de l’écriture textuelle et dramaturgique.

Les thèmes sur lesquels j’ai écrit sont tous reliés à la condition de femme du personnage, personnage qui me ressemble. Ils couvrent le désir, la sexualité, le travail, l’intimité mais sont toujours vus du point de vue de la protagoniste. Ils reposent sur une expérience individuelle et clairement subjective, ce qui fait l’originalité du texte.

Le sujet de cette proposition est le désir. Le désir sexuel, mais aussi le désir en général, le désir de vivre. Un désir tout puissant qui aliène, qui frustre. Il est incarné par Marlon Brando.

L’arrière-plan, le contexte de ce solo finalement, est la dichotomie, la contradiction que je ressens entre le féminisme et l’hétérosxualité qui me placent face à une double contrainte, un choix impossible.

C’est ce déchirement qui situe mon texte.
Je ressens la nécessité de me réapproprier ces discours contradictoires, qui ont jalonné et jalonnent encore mon existence. De manière peut-être naïve, réactive, parfois absurde.

Et alors ? C’est aussi cette liberté que je veux reprendre. » Aude Lachaise 2010

Conception, interprétation et texte Aude Lachaise 
Musique Roeland Luyten
Création lumière Alice Dussart
Partenaires
Centre Chorégraphique National de Montpellier Languedoc - Roussillon, Point Ephémère, Paris.
L'L, Bruxelles.
Remerciements Jan Ritsema

Extraits de presse

« Quant à la bien culottée Aude Lachaise, sa conférence postféministe, déployée en circonvolutions linguistiques, n’a rien de télécommandé. Son Marlon, dans lequel elle rejoue son fantasme pour l’acteur Marlon Brando, n’était sans doute pas, a priori, la forme dans laquelle on attendait en solo cette interprète de Eszter Salamon ou d’Olga Mesa. Elle s’est inventé une forme pour elle, dit-elle. Sexy et parodique. Et c’est tant mieux, car l’engouement pour l’écriture maîtrisée de son texte et la sincérité de sa parole montre à quel point le milieu du théâtre contemporain a su reconsidérer ses propres tabous. »

Eve Beauvallet, mouvement.net

«Laissant de côté sa formation de danseuse pour n’en garder que l’aisance à se tortiller plus ou moins sensuellement sur scène, la jeune femme y parle de tout avec humour et philosophie. De la mayonnaise et du statut de danseur contemporain prolétaire, de films, du mot « sexe » et du mot « cul », de contact mou ou dur, de désir sutout. Avec Marlon Brando comme figure tutélaire (et fantasmée) de l’artiste dandy et culte, Aude Lachaise trouve là un point d’équilibre et de voltage entre gouaille verbale et ironie physique. »

Jean-Marc Adolphe, Mouvement

« *…+ Elle fait mentir outrageusement ceux qui pensent que les danseurs ne savent que danser et les bimbos que sourire. Elle sait parler et écrire, et avec un brio certain (avis aux éditeurs !). Aude est belle mais ne se tait pas. Enfin elle parle cul sans se mettre à poil. En danse contemporaine, une vraie provocation. *…+ Directe et stylée, sans doute belle amoureuse, et au dedans bouillante et survoltée, cette petite bonne femme en jupe et au texte bien troussé pratique l’humour de race. A coup sûr, Aude Lachaise a encore beaucoup à dire et à montrer. »

Guy Degeorges, Images de danse

https://vimeo.com/93348861